Des maths (mais pas seulement) pour mes élèves (et les autres).

dimanche 27 mars 2016

Au Moyen-Âge, il N'y avait PAS plus de tiers que maintenant

Aujourd'hui, mon mari a beaucoup visionné une émission de M6, l'Histoire au quotidien, intitulée "Vivre en France au temps des chevaliers et des châteaux forts". Du coup, je l'ai pas mal entendue, vu que nos bureaux sont dans la même pièce. Et ce soir, je fais mon petit tour de mes sites préférés, et que vois-je chez mes amis Dudu ? La même vidéo ! Sauf que là, c'est une petit morceau du doc pour parler en classe de proportions et de fractions :


Ce qui est intéressant, c'est que quelque chose cloche... Je vais exploiter ça avec mes sixièmes après les vacances !

vendredi 25 mars 2016

Les Dudu enseignés à l'ESPE

A l'ESPE (et à peu près partout où je passe en formation, ce qui fait pas mal d'endroits au final), je promeus le travail des Dudu. Les Dudu, j'en parle souvent sur ce blog : ici, , et encore ici par exemple. Mais voilà, aujourd'hui deux jeunes collègues m'ont fait vraiment plaisir, de façon tout à fait involontaire : elles ont décidé de mener leur thème de recherche en groupe sur les problèmes Dudu, leur impact en classe, sur la recherche de problème en général et tout. Elles m'en avaient déjà parlé en fait, mais je n'avais pas réalisé que c'était LE thème de leur recherche. Je suis très très contente : je crois que c'est ainsi que nous allons faire évoluer les pratiques enseignantes (bravo les filles !).

Cerise sur le gâteau, elles vont pouvoir interviewer Arnaud Durand... Qui a très gentiment accepté, et je l'en remercie bien bas. J'ai hâte de savoir ce que leur interview donnera, quelles questions elles choisiront, quelles réponses elles obtiendront. Mais elles vont aller en Bretagne, tellement elles sont motivées !

Cette belle énergie, ça mettrait une baffe à ma grippe naissante, tiens.


jeudi 24 mars 2016

Rallye à fond les manettes

Cette semaine, c'était rallye école-collège. Madame Pénot, de l'école Camus, est venue avec sa classe de CM2. Nous avons constitué des groupes de quatre élèves, deux CM2 et deux sixièmes, et proposé des problèmes. Le but : communiquer avec des enfants qu'on ne connaît pas, ou qu'on connaît moins, chercher, se creuser les méninges, faire des maths agréablement et, pour les CM2, découvrir le collège.

Ca a été un très bon moment. Les élèves des deux niveaux ont été sympas, et la communication a vraiment bien pris. Trois groupes de quatre élèves ont été récompensés, pour avoir particulièrement bien réussi à répondre aux problèmes. Mais personne n'a tout trouvé !

Merci beaucoup à madame Lougani, madame Pénot et aux deux mamans qui étaient aussi présentes.

L'événement en photos :


Au boulot !
travaux de groupes...
un mini patron pour l'exercice 5
Le même, à plat ou presque
L'exercice 4 était celui le plus exigeant en matière de précision
on se concentre...
Dé qui roule...

Une autre façon de représenter
il doit falloir mesurer quelque chose, mais quoi ?
Message d'Axelle, spécialement pour le blog.
La mouche est trop grosse, pas à l'échelle, mais superbe !

Mesurons autrement.

Les lots, pour les douze gagnants (merci madame O. pour cette
organisation impeccable !)
L'exercice 3

Dessiner, est-ce gagné ?
De vraies collaborations inter-degrés
l'exercice 1

Vérifications et débats

Quarante élèves au boulot, c'est beau !

mardi 22 mars 2016

Petit philosophe deviendra bon matheux


Sur Slate (et sur Quartz), un article présente une expérience pédagogique : faire de la philo à l'école primaire. Michel Tozzi l'avait proposée en France, et une fondation britannique (l'EEF, Education  ndowment Foundation) l'a mise en oeuvre à son tour. Des élèves de 9 et 10 ans ont pratiqué la discussion philosophique chaque semaine. Leurs résultats en maths, en lecture, et en écriture se sont considérablement améliorés. Le but de la discussion philosophique, c'est «Apprendre à parler pour apprendre à penser». Autrement dit, c'est encore un outil pour privilégier la parole de l'élève.

En Grande Bretagne, l’expérimentation a été menée auprès de 3000 enfants de 9 et 10 ans. Les enfants suivaient un cours de philo de quarante minutes par semaine, par le biais de discussions argumentées autour de poèmes, d’histoires ou de films, et des concepts tels que la beauté, grandir, le courage, l’amitié, la liberté»... Les enseignants avaient au préalable été formés à cet exercice.

Les élèves qui avaient eu accès à la discussion philosophique hebdomadaire ont gagné l’équivalent de deux mois d’apprentissage, quatre pour les enfants issus des milieux les plus défavorisés dans certaines compétences. Et ces bénéfices se sont encore fait sentir de façon mesurable pendant deux ans.
De la philo spécialement pour la semaine des maths !
Ici, un point de vue un peu différent, et intéressant.

dimanche 20 mars 2016

Quand les maths pédalent dans la semoule

Je ne le connaissais pas, mais le youtubeur Steve Mould propose de petites vidéos sympas. Dans celle-ci, il joue de la table en métal avec un archet, et des grains de semoule gigotent. On y croise Sophie Germain et Gauss, et le phénomène qu'il montre est assez impressionnant.

Ici, vous pourrez visionner la vidéo avec sous-titres.


mercredi 16 mars 2016

Marre des escaliers ? Laissez tomber les notes !




Une étude du CNRS montre que la suppression des notes constitue "un vrai ascenseur social". La suppression partielle des notes permet de réduire de moitié l'écart des performances entre élèves de différentes classes sociales.

En même temps ce n'est pas nouveau. On savait déjà tout ça. Le fond du problème, ce ne sont pas les apports de la recherche, et les observations objectives. Le fond du problème, c'est que la grande majorité des gens veut conserver les notes, l'élitisme, le classement, même si cela leur nuit ou nuit à leurs enfants. C'est toujours rassurant de savoir qu'il y a plus mauvais que soi, sans doute. (Vous aurez compris que ça m'agace)

La nouveauté, c'est que l'étude est menée par le CNRS. La méthodologie a été la suivante : dans les académies de Clermont-Ferrand et d'Aix-Marseille, dans quatre-vingt quatre établissements, les chercheurs ont étudié les performances des élèves de troisième en mathématiques. Dans les classes participantes, les enseignants ont privilégié l'évaluation par compétences et fortement limité le rôle des notes dans l'appréciation des élèves.
Les chercheurs ont ensuite comparé en fin d'année les résultats obtenus au diplôme national du brevet par les élèves impliqués dans l'expérimentation et les résultats obtenus par un groupe témoin. "Pour l'épreuve de mathématiques, nous avons constaté que l'écart entre élèves issus de classes sociales favorisées et défavorisées était divisé par deux", résume Isabelle Régner, maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille. Les élèves ont développé des comportements d'apprentissages différents, en cherchant à progresser dans les compétences, les savoirs-faire, la compréhension profonde, plutôt que de répéter, bachoter pour l'évaluation, de façon à avoir une "bonne note", sans donner d'importance à long terme à leurs acquisitions. Et les meilleurs élèves aussi ont obtenus de meilleurs résultats que dans le groupe témoin (du coup, on va peut-être donner de l'importance à cette étude, puisque c'est bon aussi pour les bons élèves...). Ce n'est donc pas la pédagogie des enseignants qui est "meilleure" avec ou sans notes, c'est la motivation intrinsèque des élèves qui est quantitativement et qualitativement meilleure.

La Nouvelle République, elle, publie un article qui présente un fonctionnement sans notes mis en oeuvre dans un collège pour toutes les classes de sixième. Il le mérite d'être clair, court, et de répondre aux objections classiques simplement.

L'an dernier, cet établissement a mené une première expérimentation dans une classe de quatrième. «Le bilan a été jugé globalement positif, notamment pour les élèves les plus fragiles qui avaient tendance à baisser les bras et décrocher du système scolaire», indique le principal Dominique Aimable. L'expérience a été élargie aux quatre classes de sixième et les notes ont totalement disparu au profit d'un nouveau système d'évaluation positive basé sur les acquisitions de compétences.

« L'intérêt du système, c'est qu'il permet de détecter plus rapidement et plus précisément les faiblesses de chaque élève. La note apporte moins de visibilité », commente Dominique Aimable. « Avec ce type d'évaluation, il n'y a plus de fatalité. On n'est plus dans la sanction. Les élèves comprennent qu'ils peuvent se corriger et passer au niveau supérieur », ajoute Philippa Labrosse, professeur d'anglais.


Bien plus que les notes, la grille d'évaluation constitue également un outil pédagogique plus explicite à destination des familles. « Bien sûr, cela nécessite des explications mais les parents peuvent y trouver des indications précieuses pour mieux accompagner leurs enfants » souligne le principal du collège de Savigny qui souhaite faire de ce nouveau système d'évaluation un véritable outil de « remédiation » scolaire.

Alors, qu'attendons-nous ?




mardi 15 mars 2016

André le non écolier


Sur le blog La liseuse, un post présente un ouvrage d'André Stern, "... Et je ne suis jamais allé à l'école", publié chez Acte Sud. Je crois que je vais aller me l'acheter : l'article a éveillé ma curiosité.

Adeline, l'auteur de l'article du blog, explique qu'André Stern, fils d'un pédagogue-anthropologue connu, raconte sa belle enfance, loin de l'école (il n'y est en effet jamais allé), mais aussi sans instruction scolaire à la maison. "Chez lui, on apprenait au gré des rencontres, au hasard d’une envie, d’un livre ouvert, d’une passion soudaine. Aucune contrainte. Aucune. "

C'est l'histoire d'une famille, d'un enfant libres. Et cet enfant découvre le monde, la culture, la lecture, la musique, etc., par capillarité culturelle, dans un milieu cultivé et où la curiosité est un mouvement naturel.

J'aime bien cette idée, et j'y crois : je pense que dans un environnement aimant, qui donne la confiance, la sécurité affective, et qui propose des opportunités, l'individu est capable d'aller lui-même vers le monde. Mais là, c'est bien le milieu familial qui est déterminant, et les rencontres.

Adeline écrit : "Je conseille vivement cette lecture à tous ceux qui s’interrogent sur la construction de l’enfant ou sur le système scolaire. Je vais le rendre à contre-cœur et l’achèterai sûrement pour le conserver dans ma bibliothèque." Je ne vous connais pas, Adeline, mais je vais faire de même.

Un extrait sur les mathématiques :

« S’il est vrai que les mathématiques avancées nécessitent un apprentissage spécifique, la sensation mathématique, elle, s’installe toute seule. En ce qui me concerne, comme je l’ai décrit précédemment, toutes les notions d’addition, de multiplication et de division me sont devenues familières par la manipulation et la combinaison des plots sur les briques Lego. Cependant, j’avais abordé le calcul bien avant, d’une manière complètement personnelle; les faits sont rapportés par mes parents, je n’en ai aucun souvenir, ils sont très caractéristiques. Assis à table, vers 4 ans, je regardai mes deux mains et dit: « 5 est la moitié de 10. » Fermant les pouces, je poursuivis mon observation : « 4 est la moitié de 8. » Continuant à replier des doigts, symétriquement, je terminai mon décompte : « 3 est la moitié de 6 … 2 est la moitié de 4 … 1 est la moitié de 2. » Il est particulièrement intéressant de noter que j’ai abordé le calcul par la division. L′école n’offre qu’une seule première approche : l’addition, imposée à des millions d’enfants, pourtant chacun potentiellement détenteur d’une logique différente. Pendant quelques années, j’ai glané, incidemment, par les moyens les plus anodins, une grande quantité d’outils mathématiques de base : une phrase, entendue au détour d’une conversation (« 5x5 = 25 »), des observations personnelles (le nombre 80 contient vraiment quatre 20, « 20 % » dit de lui-même « 10 pour 50 » donc « 1 pour 5 », il reste toujours 2 œufs dans la boîte de 6 lorsque maman en cuisine 4 … ), des situations du quotidien (la monnaie rendue par les commerçants, un de mes gros centres d’intérêt !), de petites astuces fournies par l’entourage (utiliser 10 et faire une soustraction pour les multiplications par 8 ou 9 … ), etc. Avec les années, mon besoin de maîtriser certaines notions mathématiques s’est précisé. Je voyais souvent maman faire des additions sur une feuille de papier. A ma demande, elle m’expliqua comment elle procédait. Le jeu me plut énormément et je tins, pendant quelque temps, à additionner tout ce qu’il était possible d’additionner. Par exemple les prix des articles pendant les courses, quitte à retarder un peu le passage en caisse … Maman me montra également comment elle faisait les soustractions et les multiplications. Mais ces jeux-là, pour lesquels je ne trou vais aucune application pratique dans mon quotidien, ne me plurent pas, et je les laissai de côté. Plus tard, j’assimilai, sur le terrain, les calculs géométriques nécessaires à la dinanderie, puis les opérations mathématiques permettant de maîtriser certaines lois d’optique pour la photographie. Mon intérêt pour l’algèbre, apparu un peu plus tard, était apparenté à mon jeu incessant avec la mécanique, les outils et l’informatique. Mes deux professeurs, cités plus haut, mon oncle et un ami anglais, ont très vite constaté que je buvais comme du petit lait les exemples rapportés à des situations et des utilités de mon quotidien. »

Bien sûr des questions viennent à l'esprit : et la socialisation ? Et la socialisation avec les pairs ? Et les "mathématiques avancées", quand commencent-elles ?

Je lis, et je vous dis ce que j'en pense et ce que j'en retiens.