Des maths (mais pas seulement) pour mes élèves (et les autres).
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vendredi 16 décembre 2016

Mon écran solitaire

J'ai découvert hier, grâce à des collègues, l'application Lonely Screen. C'est une application que l'on télécharge et que l'on installe sur l'ordi, et qui permet ensuite de recopier son écran de téléphone sur l'écran de l'ordi, et donc de la projeter en classe. 
Ca marche très bien  j'ai essayé aujourd'hui, et j'ai un peu bidouillé (je n'avais pas validé la recopie Lonely screen à partir du téléphone, alors forcément ça ne fonctionnait pas), mais maintenant c'est parti. C'est une alternative à la visualiseuse, quand on n'a pas la chance d'en avoir une en classe... 
Seul bémol : je ne parviens pas à avoir un affichage sans la barre de fonctionnalité de l'appareil photo.

lundi 21 novembre 2016

L'expérience Navadra, en vidéo













Une journée extra, ça rime avec Navadra

Aujourd'hui, Michel Ferry, un des créateurs du jeu Navadra, est venu au collège. Chacune de mes classes a pu bénéfice de deux heures de découverte et de discussion autour du jeu, et Michel a aussi animé le club maths.

Navadra est un jeu dans lequel on incarne un personnage qui va devoir livrer des combats pour progresser. Mais ces combats se font à coup de mathématiques, avec des questions bien faites et ancrées dans les programmes officiels.


Pour jouer à Navadra, il faut un ordinateur et une connexion internet . On peut jouer gratuitement, et dans ce cas on aura droit à un combat et un monstre par jour. On peut aussi choisir de s'abonner, auquel cas on triple les rencontre, mais ce n'est pas une obligation et on peut très bien jouer sans abonnement. L'idée n'est de toute façon pas de jouer longtemps à chaque session. L'apprentissage se fait mieux de façon séquentielle, et les créateurs ont tout bien réfléchi pour apporter un maximum aux enfants, du point de vue de l'apprentissage, en leur donnant envie de jouer, et donc en développant leur appétence.


Un des intérêts de Navadra (à part que les élèves font vraiment des maths), c'est l'aspect collaboratif : il faut, pour pouvoir battre des monstres balèzes, s'associer. Cela amène les élèves à communiquer d'une façon assez inédite, encore différente du travail en groupe.


Et le top du top, c'est que Michel Ferry s'est déplacé pour venir dans notre établissement (gratuitement !!!). Il a animé toute la journée avec une gentillesse, un professionnalisme, une ouverture d'esprit, une prise en compte des jeunes en tant qu'individus, qui étaient vraiment formidables. Il n'a même pas posé pour déjeuner, et a continué de répondre aux questions, d'expliquer, de débloquer des monstres supplémentaires en grignotant son sandwich. 

Nous avons aussi eu la visite de nos deux chefs, monsieur Marie et monsieur Knasko, et j'ai trouvé vraiment chouette qu'ils s'intéressent au jeu, au travail des enfants de cette façon. 

C'était une très bonne journée.
J'ai encore une heure de cours, mais ensuite je fais un article vidéo qui retrace la journée.

mardi 13 septembre 2016

Un anti "tomates-hors-sol" énergisant

Dans Libé, un article collectif propose d'envisager l'apparition de la programmation dans les programmes scolaires de façon positive. C'est tout à fait revigorant, et tellement à contre-pied de la ronchonnite habituelle ! L'article s'intéresse surtout à l'école primaire et se donne pour objectif de ne pas s'en tenir aux clichés, et développe en plusieurs points :
  • Programmer ne remise pas les objectifs d'apprentissage de lecture et d'écriture : "programmer, c’est lire, écrire et compter, et ça ne se fera pas en substitution de l’orthographe, du latin ou du grec ! Coder est une pratique qui suppose l’absence complète d’erreurs de frappe ou de logique."  Et aussi de la persévérance, d'apprendre à travailler sur l'erreur, de l'autonomie, des travaux en démarche de projet, etc.
  • Coder n'est pas jouer ! "C’est parfois créer des jeux (et plein d’autres choses encore) mais cela se fait souvent collectivement. On est très loin des clichés du geek solitaire ou du «no life» immergé dans les jeux vidéo, coupé de toute vie sociale." Une tablette est peut-être un "doudou" pour certains enfants, mais comme la télé l'a été pendant des années auparavant. Tout dépend de ce que le milieu familial en fait, et de ce que l'école suggère. Une tablette peut aussi être un formidable outil d'apprentissage et de communication.
  • Quels logiciels ? "Les ressources pour les apprendre existent en français, certaines sont libres et gratuites. Beaucoup de ces outils ont été financés par le Programme investissements d’avenir (PIA) du gouvernement français, ou sont le fruit de l’économie française ou européenne. Il ne s’agit pas d’enfermer le consommateur dans l’usage de tel ou tel produit commercial, mais de respecter ses données individuelles. Il n’appartient qu’aux acteurs éducatifs de les porter et de les accompagner."
  • Coder pour comprendre le monde : "Savoir comment «pensent» et «agissent» les ordinateurs, tablettes et autres téléphones, ce n’est pas devenir développeur ! Par cette initiation, l’école ne s’ouvre pas à des métiers mais à une citoyenneté qui prend en compte le numérique et sa place grandissante dans nos vies et nos sociétés." D'ailleurs, on n'apprend pas le français pour devenir forcément écrivain, ni les maths pour devenir médaille Fields...
  • Coder n'est pas une activité seulement scientifique : "la logique mathématique est au cœur de la pensée informatique, mais les langages de programmation sont également des langues qui peuvent être enseignées comme telles, avec leur syntaxe et leur grammaire. Les productions numériques constituent autant d’espaces de valorisation de la créativité et des capacités d’expression de chacun." 
  • Coder, une activité pour tous : "Bonne nouvelle, tout le monde va y avoir accès et notamment les filles et les jeunes femmes qui restent trop rares dans les écoles d’ingénieurs et les écoles spécialisées. C’est vrai que ça va prendre du temps pour se répandre partout mais, maintenant, c’est dans les programmes, les enseignants sont en cours de formation donc tout le monde va y avoir droit." Coder peut aussi contribuer à la lutte contre le décrochage scolaire. Emparons-nous de cet outil, progressivement, avec en tête le souci du développement de l'enfant. Tout dépend de nous !
Merci à tous les auteurs de cet article (Frédéric Bardeau Président de Simplon.co , Claude Terosier Fondatrice de Magic Makers , Nadia Bellaoui Secrétaire générale de la Ligue de l'enseignement , Jérémy Lachal Directeur général de Bibliothèques sans frontières , Deborah Elalouf Présidente de Tralalere , Benoît Prady Directeur de l'association Colombbus , Colin de la Higuera Université de Nantes, pour INRIA).Vraiment, ça fait du bien !

dimanche 3 juillet 2016

Jusqu'au bout de la nuit... des mathématiques !

Qu'avons-nous vu dans cette dernière partie ?

Un Deledicq junior en pile électrique, parfois en sandales, parfois en costume, toujours heureux d'être là et de partager ce moment, fier d'avoir réussi à monter cette deuxième nuit, qui plus est sur plusieurs sites, et qui décidément aime aimer tous ceux qu'il aime (il est tard, zut.)

La conférence de Jean-Paul Delahaye, sur le jeu de la vie et une de ses représentations informatiques. Intéressant, un peu étrange. A la question "A quoi ça sert", avant de donner une deuxième réponse plus concrète, monsieur Delahaye a répondu "Parce que c'est amusant, d'abord, et qu'il y a quelque chose à comprendre que nous n'avons pas encore complètement compris". J'ai beaucoup aimé cette réponse.

Au bord de la Loire, dans une ambiance très festive, nous avons salué Saint Martin, dont c'était aussi la journée. Hé oui, c'est difficile à croire, mais les maths n'étaient pas la seule star du jour !

Nous avons goûté des tas de produits, toujours bio, souvent bizarres...

Après le dîner, du théâtre : un sociétaire de la Comédie Française, assisté d'un deuxième comédien, nous a livré un spectacle que j'ai trouvé extraordinaire. J'y reviendrai. Il nous a expliqué pourquoi les maths rendent libres, entre autres. C'était vraiment un très bon moment, parfois très très drôle, parfois impressionnant dans la qualité de la performance, et inattendu. Là, sur la photo, il démontre qu'il y a exactement "autant de points, à un près, dans le carré et sur le segment".

Et pour finir, l'Ile Logique. Nous les avions vus l'année dernière, et si leur spectacle nous a moins plu, il était tout de même intéressant, et j'aimerais beaucoup que mes élèves les voient.

Et voilà, notre deuxième nuit des maths s'achève. En revenant, nous entendions les "Que je t'aiiiimeu" de Johnny Halliday en bord de Loire, repris par le public bien en coeur, et tout cela paraissait, fatigue aidant, tout à fait surréaliste. C'était une bonne journée, et je vais passer une bonne nuit, hébergée par des amis, en plus.

Vais-je rêver de mathématiques ?

jeudi 21 janvier 2016

Minecraft, mais est-ce vraiment nouveau ?

Un article du Monde présente l'entrée de Minecraft à l'école. Ce n'est pas très très nouveau, en fait. Ce qui est nouveau, c'est une version éducation de Minecraft. Evidemment, on peut être choqué que Microsoft (qui a racheté Mojang en 2014) commercialise une version pour l'école, mais en même temps, vu le nombre d'enseignants qui l'utilisent, ils auraient tort de se priver et l'idée est assez naturelle :"Minecraft est par exemple utilisé par les professeurs de mathématiques, qui s’en servent pour enseigner les notions de périmètre, d’aire et de volume, ou encore par les professeurs d’histoire qui font explorer à leurs élèves d’anciennes civilisations. Les possibilités sont infinies, et reposent sur l’imagination des enseignants." 
Mais je sais bien qu'il est de bon ton de taper sur Microsoft. Il y a par ailleurs de bonnes raisons à cela, mais sans doute pas celle-ci.


"Microsoft  souhaite imposer Minecraft dans les salles de classe." me semble une affirmation un peu excessive, et surtout peu réaliste.

La version éducation serait moins chère et adaptée aux salles de classe, faciliterait le travail des enseignants, en leur donnant accès à certaines fonctionnalités inexistantes dans la version classique de Minecraft, comme un système de carte amélioré pour se repérer dans le jeu, la possibilité d’effectuer des captures d’écran pour noter la progression des élèves, le droit de limiter les ressources, ou encore la possibilité d’importer ou d’exporter des « mondes » facilement. Il y aurait aussi création d'une plateforme dédiée aux enseignants. 

Moui, pourquoi pas, faut voir. Je ne suis pas sûre que la version actuelle ne suffise pas mais bon, parfois des améliorations qui semblent anodines ou peu nécessaires s'avèrent de vraies avancées dans la réalité.

L'article se termine sur : "Cette annonce intervient alors que Microsoft tente de consolider sa présence dans les écoles, où sa situation quasi monopolistique se voit menacée par le développement des logiciels libres, des tablettes et des nombreux outils proposés par certains concurrents". Ah ben pas chez nous : nous ne disposons que des logiciels libres, justement.  Et il me semble que l'Education Nationale n'a pas la possibilité de faire autrement.

dimanche 20 décembre 2015

"la conscience du langage est importante" (Gilles Dowek)

Gilles Dowek est chercheur et enseignant en mathématiques. Il essaie en particulier d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité d'enseigner l'informatique à l'école, au collège et au lycée. Un collègue m'a signalé une conférence récente (elle date du 6 novembre 2015) de ce monsieur, que vous pouvez visionner ici. Elle s'intitule "Qu'est-ce que l'enseignement des mathématiques a à gagner d'un enseignement parallèle de l'informatique ?" et dure une heure et quart. Elle est intéressante et je vous la conseille. La succession d'exemples, avec en particulier les notations en logique que je ne connaissais pas, m'ont un peu attaquée pour un dimanche après-midi, mais l'ensemble de la conférence est accessible et clair. En plus, monsieur Dowek communique sur un mode vivant, actuel, parfois drôle, qui est très agréable.

A l'occasion de l'irruption de l'enseignement de l'informatique dans le secondaire, plusieurs fonctionnements étaient possibles :

  • comme en histoire-géo, le prof de maths-info
  • comme en lettres modernes/lettres classiques, les profs de maths qui enseignent aussi de l'informatique, et les profs de maths-tout-court
  • ou bien encore la création du statut de prof d'informatique

Gilles Dowek n'a pas pour objectif de débattre de ce qu'il faudrait faire. De toute façon tout cela est dans les tuyaux, comme vous l'avez peut-être lu au travers de ce post. Et en fait d'irruption, il préfèrerait une évolution en douceur, pas du tout comme au moment de l'apparition des "maths modernes" dans les programmes scolaires. Il n'envisage pas les maths et leur enseignement comme fracturées, avec les maths savantes vs les maths profanes, les maths avec informatique d'un côté et les maths sans informatique de l'autre. Comme il le dit, l'informatique s'intéresse à des objets immatériels, et il n'y a pas tellement de matières qui s'y intéressent dans le secondaire. Le choix des maths en association avec l'informatique est assez naturel.

Selon Gilles Dowek, plusieurs constats s'imposent :

  • Le monde dans lequel nous vivons change, et a de plus en plus besoin d'informaticiens (dans l'industrie, les services, la recherche, l'agriculture, l'art, etc.). Nous vivons vraisemblablement une époque où la demande de culture mathématique est sans précédent.
  • Un informaticien doit avoir une solide culture mathématique. Pas forcément dans tous les domaines, mais au moins dans ceux dont l'informatique se nourrit. Cette culture mathématique ne lui suffit pas pour être un informaticien efficace, mais elle est indispensable.
  • Les ingénieurs, dans leur majorité, n'ont pas cette culture, ou pas assez. C'est normal : jusqu'ici, elle n'était pas enseignée dans le secondaire.
  • Il faut donc un enseignement de l'informatique, et tôt. Cela permettra d'ailleurs de valoriser les mathématiques, de trouver de nouveaux arguments en réponse à "A quoi ça sert ?" ; d'ailleurs, selon Gilles Dowek, que des élèves qui manipulent ordinateurs, consoles et téléphones portables se demandent à quoi servent les maths est "une anomalie".

Toute la question est y donc de savoir si nous allons, collectivement, être capables de saisir "cette opportunité extraordinaire pour le développement des sciences".

Dans la suite de la conférence, Gilles Dowek présente des exemples pour illustrer le lien entre maths et informatique : de la combinatoire, des graphes, des équations différentielles, de la logique.


Il conclut sur l'importance de la logique en informatique, et pas seulement pour construire des raisonnements et "asserter" des propositions. Il souligne aussi l'importance du travail sur le langage que permet la logique. En informatique, il faut respecter les règles du langage. Même si on peut comprendre une idée transmise sans qu'elle respecte rigoureusement les règles du langage, on ne peut pas la traduire sans connaître et appliquer les règles. Monsieur Dowek dit : "la conscience du langage est importante". Je trouve cette phrase simple et très juste.

Le message de Gilles Dowek est le suivant : unissons nos forces. Stop aux "guéguerres" entre profs de physique, de techno, de maths, etc. Notre responsabilité est aujourd'hui collective dans la survie de l'enseignement des sciences. Nous avons une occasion de lui permettre de se développer, sans doute au prix de quelques changements, mais est-ce forcément un mal ?


Deux remarques de monsieur Dowek interrogent :

  • en quatrième, si on retire de l'horaire scolaire l'EPS (que G. Dowek n'a pas su ranger côté humanités ou côté sciences), deux tiers des heures sont consacrées aux humanités, justement. Il reste un tiers pour les sciences ; et en primaire, on a souvent, sur les six heures de la journée d'école, une heure de calcul, cinq heures moins un chouillat de lecture-écriture, et un chouillat d'autres sciences.
  • Quand les maths ont disparu de la filière L, Gilles Dowek avait essayé d'organiser une lettre ouverte allant à l'encontre de cette décision. Il avait, dans l'urgence, trouvé dix personnes pour la signer : neuf informaticiens et un mathématicien. En revanche, il avait reçu des réponses étonnantes de personnes qui semblaient penser que ne plus devoir "se coltiner" en sciences les élèves littéraires était une sorte de soulagement... 


Les sciences, dans leur ensemble, ne sont pas optionnelles. Et aujourd'hui, nous avons une occasion de le faire valoir. Alors on y va ?