Des maths (mais pas seulement) pour mes élèves (et les autres).

mercredi 10 août 2016

Mon projet d'EPI : maths et histoire, la Renaissance

Avec une collègue, nous allons mener un EPI maths et histoire sur le thème de la Renaissance, au deuxième semestre. L'idée est d'apporter des contenus au fil de l'année, pour que les élèves se répartissent en groupes et choisissent un des thèmes. Ils élaboreront une sorte de dossier, et le mettront en forme de sorte que nous puissions rassembler tout ça dans un Prezi.

Pour le moment, j'en suis aux pistes, un peu creusées. j'ai de la biblio, mais il faut que je précise les liens avec les contenus mathématiques. A chaque fois j'ai une idée, mais parfois ses contours sont plutôt flous...

Voilà ce que ça donne :
On ne voit rien, c'est ça ?

Et ma "progression" de sixième.

Je suis beaucoup moins contente de celle-ci. Les activités ne sont pas aussi explosées sur les différents domaines du programme. Mais comme j'ai encore pas mal de choses à faire d'ici à ma rentrée, le 25 août, et que c'est correct, pour le moment je m'arrête là. Je continuerai à fureter en temps réel.


Chez Intel, on rigole !

Vu sur le site d'Yvan Monka :
Oh si, allez, c'est rigolo ! 

jeudi 4 août 2016

Ma "progression" de 5eme

Pour l'année à venir, je ne vais pas suivre une progression par chapitres, mais par activités. Chaque activité prévue porte sur plusieurs thèmes qui ne relèvent pas du même domaine. Les élèves vont chercher, et leurs recherches vont les amener à découvrir de nouvelles notions ou à se heurter à une difficulté que je pourrai lever en introduisant une nouveauté mathématique.
J'ai prévu mes activités, en me laissant la possibilité de changer en cours d'année. Mais d'avoir anticipé une liste qui recouvre tout le programme défini pour le niveau cinquième avec mes collègues me sécurise.

Voici ce que ça donne :

ou, de façon plus épurée, quelque chose comme ça :


Le principe me plaît bien et je le sais fonctionnel : je l'avais mis en oeuvre au troisième trimestre de l'année écoulée. Mais c'est plus compliqué à appliquer à une année, car les notions sont plus nombreuses. Ce que cela implique, c'est de ne pas fonctionner chronologiquement du point de vue de la trace écrite. Mais j'ai déjà utilisé le principe du cahier numéroté l'année dernière, ce qui me plaît beaucoup.

Chuis toujours là !

Hé oui, je n'ai pas disparu. Mon silence ne s'explique même pas par un départ en vacances ou quelque escapade estivale. Non non non, cette année nous restons à la maison. Mais je me suis absorbée dans l'écriture du mémoire de Caffa que j'ai à rédiger, et ça plus les multiples travaux d'entretien et d'embellissement de la maison, paf, on était en août...

Le 26 juin, j'avais publié une liste de mes proejts à cette date, pour les vacances. Où en suis-je, donc ?
  • profiter des gens que j'aime ;  mais ce n'est pas fini !
  • constituer un référentiel de compétences en phase avec la réforme, plus simple, plus souple ;
  • faire des gâteaux ;  (j'ai appris à faire des mochis, trop chouette !)
  • lire les douze livres et les vingt-cinq articles que je dois lire pour passer la certification de formateur ; j'ai lu cinq livres et une douzaine d'articles, pas fini donc, mais bien entamé
  • planter du basilic ;
  • rédiger mon mémoire pour la certification ; je n'ai plus qu'à écrire l'intro, la conclusion, relire
  • dormir ; encore, encore !
  • ré-apprendre à faire un rubik's cube et m'entrainer à l'expliquer : je voudrais proposer un club rubik's cube l'année prochaine au collège ;
  • écumer les foires à tout estivales de la région ;
  • simplifier les outils que j'utilise pour compter les XP de mes élèves ; j'y ai réfléchi mais il faut que je mette en forme et par écrit
  • flâner dans les musées ;
  • réfléchir à mes "progressions" de 6e et de 5e ; j'attaque les 6e aujourd'hui
  • boire un coup à une terrasse ;
  • préparer des activités qui permettent de mettre en oeuvre des compétences de 6e et de 5e, tout en traversant à chaque fois plusieurs domaines du programme ; j'attaque toujours les 6e aujourd'hui
  • me remettre en forme, parce que je suis trop sédentaire et que je vieillis ; c'est en cours, mais faut persévérer
  • réfléchir à une fiche de lecture/jeu plus universelle ;
  • lire, pas seulement des trucs de boulot (en option : dans mon fauteuil de jardin) ; oui bof, pas top
  • préparer une progressivité et des activités avec scratch ;
  • faire des confitures ; j'en ferais bien encore quelques pots...
  • m'approprier les contenus des manuels pour savoir où aller chercher ce que je veux;
  • me réjouir chaque soir de ne pas activer le réveil pour le lendemain.
En plus, j'ai :
  • planté des tas de jolies fleurs et des arbres dans mon jardin ;
  • réparé les prises de courant cassées, la lampe extérieure qui ne s'éteignait plus jamais, protégé tous les objets du jardin ;
  • installé une terrasse dans le jardin ;
  • tout rangé la maison ;
  • regardé des tas de films d'auteur asiatiques, turcs, africains, américains du sud ;
  • parcouru les couloirs des donjons de Darkest Dungeon avec obstination.
Par contre je dois aussi préparer l'ESPE (dont la rentrée est le 25 août, ça approche) et travailler pour un projet top secret. 


Bon, c'est bien, déjà. Allez hop, on continue. Dans la journée je publierai un article avec ma "progression" de cinquième.

vendredi 15 juillet 2016

Les femmes, les hommes, les maths.

Les troisièmes journées Parité en mathématiques se sont tenues vendredi 8 juillet à l'Institut Poincaré (qui héberge l'association Femmes et mathématiques), et force est de constater que l'événement m'a totalement échappé. J'aurais vraiment bien aimé y aller, mais bon, on ne peut pas tout faire je suppose...


Ces journées ont pour but d'aborder " le sexisme ordinaire, qui contribue à créer un environnement dans lequel les femmes sont, de manière insidieuse et par leur minorité, peu à l’aise ", et particulièrement " le syndrome de l’imposture, qui frapperait davantage les (jeunes) femmes que les hommes, et constituerait une manifestation individuelle consécutive aux inégalités professionnelles et sociales".

Les dessins ont été croqués en direct, et vous retrouverez d'autres ici.


Cela me rappelle ce que m'a dit un collègue au pot de fin d'année, alors que nous attendions les résultats du bac, du bac de français et du brevet pour nos enfants : " Oh tu sais, ton fils même si il a de mauvaises notes en français ce n'est pas grave : c'est un bon scientifique, et puis c'est un garçon. Et puis la grande, elle va sans doute avoir son bac : c'est bien, L arts plastiques renforcés, pour une fille. Elles ont le sens artistique, les filles."


Plaidoyer pour l'évaluation par compétences

Je trouve ça mieux d'évaluer par compétences que de façon sommative. Pourquoi ? Des arguments en vrac :
  • Mes évaluations sont beaucoup mieux équilibrées, car je les élabore par rapport aux compétences du référentiel. Du coup, je propose des tâches plus variées, plus riches aussi, je crois. 
  • Je peux valoriser des compétences qui n'apportent que peu de points (voire pas du tout) dans du sommatif. Par exemple, un de mes élèves de troisième, cette année, se croyait "nul, mais avec des fois des idées qui viennent comme ça". Grâce à l'évaluation par compétences, cet élève a VU qu'il savait faire des tas de choses, et moi aussi : prendre des initiatives, formuler une conjecture, représenter un problème, tester, utiliser des propriétés (mais les énoncer correctement, rarement), etc. Il a obtenu 18/40 au dernier brevet blanc (avec 0/4 aux points de "forme", car il est peu lisible). J'ignore combien il a eu au brevet, malheureusement, mais je pense qu'il a dû réussir pas mal : à la fin de l'épreuve il a attendu que j'aie fini de surveiller pour me dire "J'ai fait comme vous m'avez dit, j'ai répondu à tout, j'ai tout cherché à ma façon, et j'ai essayé d'expliquer ce qu'il y a dans ma tête au maximum. Le tout avec le sourire. Il a donc passé son épreuve de brevet motivé et en y croyant. C'est sa représentation de lui-même qui a changé. Une autre élève de troisième aussi serait un autre bon exemple, de décoinçage en maths, à cause là encore d'un problème de représentation d'elle-même et des maths. Elle, elle a eu... 34/40 au brevet ! L'évaluation par compétences n'est donc pas inefficace ni en opposition avec les évaluations normatives qui, pour le moment, sont encore sommatives. Et elle permet de travailler sur la confiance, sans le couperet culturel de la note chiffrée.
  • Ma façon d'enseigner est influencée par qui je suis : avec tout plein de kinesthésie, de fantaisie et d'affectif, ce qui n'exclut pas la rigueur et l'exigence. Ne plus mettre de notes me libère peut-être encore plus sur ces plans : je n'ai plus de souci de conformité de pratiques, au sens de la norme du plus grand nombre. Délaisser la note m'a marginalisée peut-être, mais cela m'a ouvert des horizons.
  • Avec l'évaluation par compétences, les enfants savent sur quoi ils vont être évalués et peuvent retravailler après. Nous travaillons mieux, de façon plus détendue, plus constructive, et, surtout, plus en interaction. Nous sommes partenaires, parce que les élèves voient comment et sur quoi ils sont évalués. Cela permet de développer leur métacognition : ils comprennent pourquoi on leur demande de faire tels ou telle chose, quels sont nos objectifs, ce que cela nous permettra de faire ensuite, ce que nous attendons d'eux. C'est un enseignement plus explicite.
  • Evaluer par compétences va être plus raccord avec le type d'évaluation institutionnelle au collège à partir de la prochaine rentrée : plus de contrôle continu sommatif pris en compte au DNB, mais des compétences à valider en équipe. Ce sera plus facile si déjà nous évaluons de notre côté par compétences, et encore davantage si nos compétences sont reliées au nouveau socle.
  • Evaluer par compétences permet de ne pas limiter le niveau : il n'y a plus le 20/20 que l'on ne peut pas dépasser (et d'ailleurs pas atteindre, dans certaines disciplines, par peur de reconnaître la perfection, alors qu'on ne devrait reconnaître que l'adéquation au niveau visé). Avec les compétences, on peut toujours aller au-delà. C'est ce que je vais faire l'année prochaine, avec un niveau supplémentaire : le carré bleu, qui indique qu'on a dépassé les objectifs du niveau. En tout cas, on peut dépasser 100% sans problème. C'est donc un type d'évaluation qui convient aussi aux élèves en grande réussite et permet de les motiver davantage eux aussi.
  • Evaluer par compétences permet de toujours pouvoir d'améliorer : une compétence est toujours réévaluée, et si elle est mieux réussie, c'est visible. On peut choisir, avec Sacoche, de prendre en compte toutes les évaluations de cette compétences pour en obtenir une "moyenne", ou bien de ne garder que les dernières. Autrement dit, on peut décider que les échecs ne servent qu'à progresser, et ne pas les traîner comme des boulets. Et cela me semble beaucoup mieux : si maintenant je maîtrise une compétence, quel est l'intérêt de modérer mon succès parce que j'ai mis du temps à la maîtriser ? Je sais faire, et voilà ! Des points rouges ne sont pas perçus comme un 3/20. Les points rouges peuvent verdir, alors que le 3/20, il reste là.
Je suis bien persuadée, cela dit, qu'on peut aussi faire tout ça en notant. De même, on peut utiliser des couleurs en faisant en réalité du sommatif... (je le sais, je l'ai fait au début, sans même m'en rendre compte) L'essentiel n'est pas dans le mode d'évaluation, mais dans la façon d'évaluer, la représentation qu'en a l'enseignant et dans la compréhension qu'en ont les élèves.

Et puis ce n'est que mon avis, et j'accepte tout à fait l'idée que je me trompe et que je changerai peut-être d'avis un jour. Mais pour ma part, passer à ce mode d'évaluation m'a permis de mieux travailler.