Des maths (mais pas seulement) pour mes élèves (et les autres).
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lundi 16 janvier 2017

La suite des tonneaux : il n'y a pas que les anciens qui sont sages

J'écrivais hier que j'allais montrer à mes élèves de 6ème et de 5ème la vidéo de la petite histoire de France sur les petits tonneaux qui ne boivent pas d'eau (ici). C'est chose faite. L'activité aura duré en tout un quart d'heure.

D'abord, j'ai donné les consignes : vous allez voir une vidéo, elle est issue d'une série humoristique et il va falloir vous concentrer sur le contenu. A l'issue de la vidéo, j'aurai plusieurs question : quel problème rencontre le tavernier, que proposent les personnages, qu'en pensez-vous et quel est le lien avec les mathématiques ? Et les élèves ont regardé la vidéo.

Premier constat : mes élèves commencent à être féru de l'exercice. Ils savent se concentrer, ne pas se laisser (trop) disperser par l'aspect drôle ou fantaisiste. Dans les deux classes, les élèves m'ont expliqué ce qu'ils ont vu. C'est là que déjà, c'est intéressant. 
J'ai eu surtout des propositions justes. Mais pas seulement. par exemple, j'ai entendu :
" Le monsieur, il cherche son tonneau " ;
" Le monsieur, il remplit des verres à partir de son tonneau ".
Les élèves qui m'ont proposé cela ne sont pas bêtes du tout. Ils sont tout aussi intelligents que leurs camarades. Mais ils ont sans doute des difficultés à focaliser leur attention, à se concentrer ou, plus probablement encore, des difficultés de lexique et de compréhension orale, dans un cadre où l'action est rapide. Ces difficultés les empêchent d'appréhender de façon juste une situation complexe. Alors, comme ils veulent bien faire, ils s'accrochent à un mot, une image qui a du sens pour eux. Ici, le tonneau mot qui revient un grand nombre de fois dans la vidéo.
Pour remédier, j'ai demandé "Qu'est-ce qu'un tonneau ?" puis "As-tu vu un tonneau, dans la vidéo ?", et enfin "Mais tu as raison, il est question de tonneau... A quel moment, en fait ?".

Ca, pour moi, c'était la partie accompagnement perso : nous avons travaillé le geste d'attention, de concentration, et la compétence "extraire l'information utile".

Ensuite, une fois tout le monde d'accord sur la description, j'ai demandé aux élèves ce qu'ils pensaient de la méthode du tavernier. Les points de vue ont été partagés :
- Il n'est pas précis, mais c'est quand même une méthode qui s'explique ;
- C'est n'importe quoi, parce que même si il parle à la même vitesse, il ne doit pas pencher la bouteille de la même façon / C'est n'importe quoi, parce que même si il parle à la même vitesse, la bouteille n'est pas remplie de la même façon et donc le débit est différent ;
- Ca dépend de la taille de son tonneau, et on ne le voit pas, alors on ne peut pas savoir.

J'étais bien contente de ces réponses : les élèves ont échangé rapidement et se sont mis d'accord. Il ont reformulé encore une fois la méthode du tavernier à ceux de la troisième catégorie, et hop, on était tous d'accord. Mais comme quoi, ce n'était pas si évident.

Ensuite, j'ai posé la question de la méthode de l'épouse du tavernier. Là, tout le monde était d'emblée d'accord, pour expliquer sa démarche et son erreur, puisque nous en avions parlé juste avant. Personne ne s'est moqué d'elle, et cela m'a plu. Mes élèves sont restés dans l'analyse et l'explication.

Enfin, j'ai demandé ce que tout cela avait à voir avec les maths. Mes élèves ont percuté très rapidement, et sans mon aide, sur la proportionnalité, et ont exprimé ce qui était proportionnel à quoi dans l'esprit du tavernier. Et puis nous avons réhabilité ce pauvre garçon qui se fait "casser" alors que sa méthode est sans doute plus "rationnelle" (au passage, nous avons discuté de la signification de cet ignoble fourre-tout qu'est le mot "rigoureux"). Mais comme l'ont fait remarquer mes élèves, encore faut-il qu'il décide jusqu'où remplir le verre doseur, et "s'il le remplit à ras-bord, ça ne va pas être pratique pour renverser". Mes sixièmes ont du coup réfléchi à des tas de conseils à donner au tavernier : dessiner un trait "repère" sur les verres, placer un verre de référence, plus bas, derrière les verres à remplir, pour s'arrêter par transparence, ... Ils en ont, des idées !

dimanche 8 janvier 2017

Les Dudu, remarquables comme les polygones.

Les Dudu ont mis en ligne un nouveau petit outil de leur invention, qui tombe pile poil bien pour mes élèves de sixième... Il s'agit d'une appli qui fait chercher des polygones particuliers sur un quadrillage. Il s’agit de relier les points pour trouver la figure demandée, sachant qu'il n’y a qu’une solution possible. Certains puzzles sont simples d’autres un peu plus complexes. Les figures travaillées sont : le parallélogramme, le losange, le rectangle, le carré, le trapèze, le triangle rectangle, le triangle isocèle, le triangle rectangle et isocèle.Comme d'habitude, c'est nickel. Simple, efficace, gradué. 

Alors messages à mes élèves de sixième : allez donc voir ici. Vous allez réviser agréablement, et cela préparera très bien notre travail de demain. Et ceux qui seront allés voir et auront testé, venez m'en parler : vous aurez un petit bonus d'XP.

jeudi 5 janvier 2017

Et un boulot de crotte, aussi

J'enseigne en collège, j'enseigne à l'ESPE, mais je suis aussi formatrice REP+, et formatrice académique.
Dans ce cadre, aujourd'hui, j'ai animé une formation sur le climat scolaire, au Havre. J'ai été mauvaise, mais bien, bien mauvaise. Je n'ai pas géré l'espace et son organisation, je n'ai pas maitrisé le temps, j'ai été en-dehors, pas assez réactive, pas assez rentre-dedans, pas assez adaptable. Probablement ne m'étais-je pas non plus assez emparée du dispositif, de ses modalités. 
J'ai loupé, et ce n'est la faute de personne d'autre.


Alors que faire de cela maintenant?
Hé bien assumer, déjà. Ensuite, relativiser. Et puis agir. J'y retourne dès que je peux, et je leur dis : j'ai loupé la fois dernière, alors là, je vais vous montrer que je peux faire mieux que ça. Je ne vais pas non plus annoncer un feu d'artifice, hein. Mais je vais faire en sorte que les enseignants auxquels je m'adresse sentent que je ne m'en fiche pas, que ma mission m'intéresse, me motive, et qu'eux aussi, ils m'intéressent et me motivent.

Vous voyez, les jeunes (élèves et étudiants) : on se plante à tout âge, avec toute ancienneté. Et on peut rebondir, la plupart du temps. C'est une question d'humilité (ben oui, je me plante, et je ne suis pas toujours compétente), de fierté (Je ne vais pas en rester là, non mais sans blague !) et d'énergie (On y retourne, taïaut !).

lundi 2 janvier 2017

Pour tous mes élèves et étudiants ! (et pour les autres, aussi)

C'est parti pour répéter en boucle "Bonne année !". Mais n'avez-vous pas envie de varier un peu ? Voici quelques propositions qui laisseront la plupart de vos interlocuteurs perplexes :

Je vous souhaite une bonne année 2017 : c'est un nombre premier, gage de qualité ! C'est le 306ème, pour être précise.

La somme des diviseurs de 2017, ça donne 2018 !!! Une année déjà tournée vers la suivante, elle va être passionnante ! Ca, c'est le plus idiot que j'aie trouvé : 2017 étant premier, forcément la somme de ses diviseurs vaut lui-même plus 1...

Bonne année 9²+44² ; une année qui s'écrit comme somme de deux carrés, ça promet ! Voilà voilà.

Belle année 7³+7³+11³ ! Vous vous rendez compte, c'est dingue, une somme de trois cubes ! Rhalala, elle va être exceptionnelle, cette année ! Ici, vous pourrez lire tout un tas de trucs intéressant sur les nombres qui s'écrivent comme somme de trois cubes.

Des années qui furent à la fois un nombre premier et une somme de trois cubes, il n’y en eut que 45 depuis l’an I. Alors bonne exceptionnelle année, cher ami. Ah oui, ça tape bien, ça. Pas mal.

Mais en fait je préfère ça :

Joyeuse année 
à tous !

dimanche 4 décembre 2016

Les oreilles qui sifflent

Vous êtes forcément au courant, car cela n'a pu échapper à personne avec le battage médiatique de ces derniers jours : en maths, ça ne va pas pour les Français. Pas du tout, même; Et encore, attendez que PISA sorte ses conclusions dans deux jours, ça va tanguer ! En ce qui me concerne, je me surprends à éviter les journaux... Trop c'est trop. Pourtant, il y a du bon, y compris dans ce que j'ai collé là, juste en-dessous. Mais là, je frôle la surcharge cognitive aggravée.









Ce qui est rassurant, c'est que tout le monde a sa solution, tout le monde sait quoi faire. Ce qui est moins rassurant, c'est que personne ne propose la même chose. Et puis surtout, si une solution simple existait, on peut supposer qu'elle aurait déjà émergé. Mais tant de facteurs sont impliqués, imbriqués, et les représentations mentales liées au problème sont tellement ancrées, que tout cela ne peut évoluer ni rapidement, ni sans une réflexion à tous les niveaux, sans concession, sans misérabilisme. Forcément, c'est pas gagné.

Sur Slate, Louise Tourret a écrit un article qui m'a semblé sortir du lot. En plus, elle cite Michel Fayol (ici, ) dont je suis fan... ; morceaux choisis (mais son article vaut la peine d'être intégralement lu) :
  • Ce n'est pas le nombre d'heures consacrées à la discipline qui est en cause, d'autres pays font beaucoup mieux avec des horaires équivalents ou moindre. 
  • Les partisans de la droite accusent Najat Vallaud-Belkacem, ceux de gauche… François Fillon. (...) c’est surtout la faute à la suppression de la formation des enseignants (2007), aux suppressions de postes et aux programmes scolaires mis en place par la droite en 2008. Au pays de Descartes, on m’a aussi parlé des histoires de frites à la cantine, des règles sur les signes religieux, certains de mes interlocuteurs ont contesté le classement, l'accusant d'avoir un parti pris idéologique et bien sûr d’aucun ont fustigé les pédagogues quand d’autres s’attaquaient aux manques de moyens dans l’Education nationale.
  • Les maths en France sont trop souvent synonymes à la fois d’opacité et d'élitisme. Être nul en maths, c’est vu comme quelque chose qui peut arriver, et contre lequel on ne peut pas vraiment lutter. Je suis toujours choquée par la facilité des individus à avouer, sans aucune honte, qu’ils sont ou ont été nuls en mathématiques et en sciences pendant leur scolarité. (...) Rares sont ceux en revanche qui s’enorgueillissent de ne jamais lire ou d’avoir une orthographe du niveau d'un élève de CE2.
  • Être nul en maths, c’est quelque chose qu’on ne devrait pas accepter pour soi-même et/ou pour ses enfants, et ne pas revendiquer comme une partie de son identité. (...) C’est primordial, car si nous acceptons pour nous-même l’idée que nous –ou pire, nos enfants– sommes étanches à certaines disciplines, nous ne faisons que véhiculer un postulat délétère. 
  • Michel Fayol écrit : «Des recherches récentes ont montré que les premières acquisitions arithmétiques ont une influence significative sur les apprentissages ultérieurs.»
  • Cela étant, les maths seraient un peu moins effrayantes si elles n’étaient pas devenues un instrument de sélection. 
  • Alors que faire? Prendre conscience de la gravité du problème. Pousser les enfants et tous les professeurs des écoles à s’emparer des mathématiques et des disciplines scientifiques sans peur (et sans reproche), et nous inspirer de ce qui fonctionne chez nos voisins. Mieux former les enseignants évidemment, les soutenir et sortir les maths de leur bulle! Les maths, les sciences font partie de la culture, ils font partie de nos vies. 

jeudi 1 décembre 2016

jeudi 17 novembre 2016

Mezze à la cantine, miaaaaaaam !

Dans le cadre de la récolte de matériel scolaire au profit des enfants syriens réfugiés au Liban, que je relaie au collège grâce à l'organisation Solidarité Laïque, notre cuisinier, Pascal, a bien voulu nous mitonner un repas libanais... Je ne sais pas comment le remercier à la mesure de ce qu'il a préparé : c'était très très bon, copieux (ouhlala, j'ai trop mangé) et nous avions même des pains libanais, pas faciles à trouver en restant dans un budget raisonnable... Mais Pascal avait cherché, farfouillé, et réussi. Il est fort, Pascal.


Nous avions, pour l'occasion, travaillé avec mes élèves de sixième à préparer l'événement : d'abord un recueil d'informations, puis l'écriture d'un texte dit dans les classes par des binômes de sixième, la décoration de la salle de restauration... Cela nous a demandé du boulot, et c'est le première fois que j'allais aussi loin dans l'organisation d'une action solidaire. Mais je suis très contente de l'implication de mes petits élèves, vraiment super motivés. Mes cinquièmes s'y sont mis aussi, avec une élève qui m'a fiât son petit discours sur la solidarité avec les élèves syriens. Ce midi, c'était vraiment chouette de voir le plaisir des enfants à déguster ces bons plats (des mezze, deux viandes, deux accompagnements, de délicieux desserts...) et exprimer leur plaisir à manger bon et différent. Ils ont fait une jolie ovation à Pascal, qui le méritait bien en effet.




Reste à remplir nos cartons... De ce côté, ça démarre doucement, cette année.

dimanche 6 novembre 2016

Journal des apprentissages : c'est parti !

Après cette première période, j'ai un peu de visibilité sur les difficultés de mes élèves. J'ai donc décidé, pour trois d'entre eux (je commence modestement, mais je veux maitriser le dispositif), de leur proposer un cahier des apprentissages.
Pour chacun de ces trois élèves, je me suis fixé des objectifs différents : pour l'un, il s'agit de travailler sa concentration en classe, pour l'autre de se trouver des repères en tant que collégien, et pour le troisième de progresser dans ma discipline, en maths.

J'ai donc acheté ce weekend de jolis petits cahiers.


Et aujourd'hui, je les ai remplis : une page de présentation bien écrite, une page de règles à suivre, une page de mode d'emploi et les questions de la semaine.




Deux exemples:



Mercredi je vais confier leur cahier à ces trois élèves, leur expliquer plus précisément le principe (par exemple, ce que signifie "privé" ; il ne s'agit pas d'un journal intime mais d'un outil pédagogique) et je verrai ce qui en ressort, si cela me permet de mieux les aider.

mercredi 26 octobre 2016

La prof elle a faux

J'ai donné cet exercice (issu du Dimensions 6ème) à mes élèves, en devoir maison, avant les vacances :

Et puis j'ai corrigé mes copies. Je m'attendais à des difficultés liés au mot "jante". Les élèves sont assez peu familiers de problèmes pneumatiques. Et en fait, moi aussi.

J'ai obtenu des réponses de plusieurs ordres :

  • Réponse la plus fréquente : 60 cm (ce qui correspond à l'épaisseur du pneu).


  • Ensuite, deux ex-eaquo : 120 cm (car on compte aussi le pchuit du "haut" du pneu, et 5 cm (erreur de vocabulaire entre rayon et diamètre) :



  •  Trois copies ne proposent pas de réponse.


  • Enfin, trois propositions à exemplaire unique :
Sur celle-ci, une erreur de choix d'opération, qui semble indiquer que la consigne n'a pas pris sens:

 Ici, je ne sais pas, parce que je n'ai aucune justification par l'élève. Peut-être a-t-il effectué 125x2=250, puis a-t-il ôté deux fois les 5 cm proposés par ses camarades ?

Et puis enfin une proposition qui ne tient pas compte de la résistance de la jante :

Mais pourquoi donc nous parle-t-elle de tout ça, vous demandez-vous ? Hé bien pour une raison fort intéressante : je me suis trompée, moi, dans ma correction. J'ai faux. A un exercice de sixième. Ben bravo madame Lommé, c'est pas joli-joli.

Pour ma part, j'avais répondu : 2 x 125 - 130 = 120. Hop, 120 cm, ou 1,20m pour ceux qui préfèrent. Et puis, après avoir achevé la correction de mes copies (c'est toujours plus drôle de se rendre compte qu'on s'est trompé après avoir terminé), je me suis demandé pourquoi autant d'élèves n'avaient pas tenu compte du "haut" du pneu. Leur "erreur" n'était pas si grave, puisque l'exercice portait avant tout sur la distinction rayon/diamètre. Indulgente, que j'étais, un peu style "Ah ah ah les jeunes, ce n'est pas grave, c'est une erreur de petiot qui ne sais pas comment c'est fichu une jante et un pneu".

Mais quelque chose titillait mon cerveau. J'ai donc posé l'exercice à ma fille de cinquième. 60cm, elle répond. Je lui demande de soumettre l'ex à mon fils de terminale S. 60cm, il répond. Je ne me démonte pas : "Ben ça c'est rigolo, vous faites tous la même erreur ! Le pneu, il se dégonfle de partout !" ; ma fille me répond "Ah oui, t'as raison, ben 120 alors." Mais mon fiston intervient : "Bah non maman, réfléchis! Le camion, il ne repose pas sur le pneu !"
Comment ça, il ne repose pas sur le pneu, je me demande en fixant mon loulou d'un oeil perplexe... "Mais il se dégonfle aussi en haut, le pneu..."
"Mais oui maman, mais le camion est fixé sur un essieu, il n'est pas posé sur le pneu. Sinon tu imagines, quand il avance, badaboum ! Il se dégonfle de partout, mais on s'en fout en fait ! "

Ah oui tiens ça y est j'ai compris. {un ange passe} Rhoooooooooo oui d'accord non mais n'importe quoi moi. Pis j'ai tout corrigé en indiquant 120 juste et 60 faux...

C'te honte...

jeudi 20 octobre 2016

Bulles au carré, édition 2016 : causons les maths


Vous trouverez ici les modalités et le thème du concours de cette année.

Il s'agit de proposer à nos élèves (âgé de 14 ans révolus au 30 janvier 2017) de créer une bande dessinée, individuellement ou en groupe. Les participants doivent envoyer une bande dessinée présentant le thème « Maths et Langages », sur 1 planche A4 maximum, en portrait. 3 prix seront décernés : le prix du jury, le prix des internautes et le prix Jeunes.

Quelques pistes qui peuvent être utilisées pour élaborer un scénario :
  • expliciter un élément ou une notation du langage mathématique, de la logique ou du code informatique
  • voyager à travers les lieux et les époques pour raconter l’origine des expressions mathématiques ou des symboles
  • jouer avec les mots et les expressions courantes qui empruntent le vocabulaire des mathématiques
  • crypter ou décrypter un message codé
  • décrire les liens entre maths, linguistique et psychanalyse. 
  • ...
Dommage, il faut que les élèves aient 14 ans. Je n'ai que des sixièmes et des cinquièmes cette année ; ou alors je pourrais le proposer en club maths, à mes vieux troisièmes.

Tiens oui, pourquoi pas ?

jeudi 22 septembre 2016

Parole, parole, parole

Aujourd'hui, j'ai suivi une journée de formation sur la parole de l'élève : comment favoriser la prise de parole de l'élève en développant ses apprentissages ? C'était une journée vraiment intéressante, avec plusieurs interventions qui m'ont enrichie. En particulier, deux chefs d'établissement de l'agglomération sont intervenus, sur "la difficulté à favoriser une identité langagière, une parole de l’élève, un apprentissage de la citoyenneté en dehors de la classe".

Voici ce que je retiens de cette intervention. Ce que je rapporte est mon interprétation, et non une transcription fidèle de ce que j'ai entendu.

Les enjeux sont de taille. Donner la parole aux élèves en dehors de la classe a de multiples vertus, formatrices pour le jeune : valoriser et favoriser la transmission républicaine, replacer l’école comme un lieu d’apprentissage, travailler sur les représentations, permettre la construction citoyenne dans des interactions maîtrisées. Et puis cela fait partie de nos missions, à nous adultes du milieu éducatif.

L'état des lieux est assez alarmant. La volonté de l’institution de favoriser la parole de l’élève très différente des réalités du terrain. Même dans les instances scolaires qui prévoient la présence d’élèves, leur parole est difficilement reconnue. L’élève est confronté à diverses difficultés : il a peu de temps pour préparer sa prise de parole, or le rapport au temps des élèves (qui sont dans l’immédiateté) est très différent du temps de l’institution (qui suppose qu’on prenne du recul, qu’on se projette). Prendre la parole devant des adultes est souvent difficile pour un jeune. Et quand il y a des interventions spontanées, elles ne sont pas vraiment spontanées : la prise de parole a été formatée avant par un adulte, travaillée avant qu’elle ne s’exprime. Au final les adultes parlent à la place des élèves ; l’élève est renvoyé à son métier d’élève, à une attitude de soumission et de passivité qui s’oppose à la véritable démarche éducative, et qu'il endosse avec une facilité apparente plutôt angoissante. Enfin, le regard des autres membres de la communauté scolaire complique la libération de cette parole : les adultes ne comprennent pas la discrétion des élèves et des tensions entre pairs musèlent les élèves. Les élèves s’auto-censurent souvent. Frustrés par la quasi-impossibilité d’aborder la question de la vie en classe, ils adoptent un rôle, une posture « syndicale » qui vise essentiellement à améliorer leurs conditions de vie (les toilettes, la cantine, etc.).

En fait, il apparaît que la parole est contrôlée par l’institution : on développe à l’école une démocratie représentative et non participative. Et si la participation est plus sociale que politique, est-elle donc bien utile ? C’est toute la question de notre démocratie scolaire qui est posée : cherche-t-on juste à maintenir la paix sociale, ou à faire grandir, à permettre à ces jeunes de devenir des adultes responsables et citoyens ? D'ailleurs, à plus grande échelle, la question se pose de notre démocratie, tout court : le fonctionnement scolaire ne peut se concevoir que dans un tout, et la question est aussi politique.

Mais alors, comment faire ? En travaillant, jour après jour, au climat scolaire. En profitant de toutes les occasions, y compris par des rencontres inopinées, qui vont permettre que la parole s’exprime mais aussi de travailler sur cette parole. Et là, le rôle du chef d'établissement est fondamental. Nos intervenants ont rappelé la nécessité de l’exemplarité des personnels de direction, par leur qualité d’écoute, leur respect, vers les adultes comme vers les élèves. Par leur posture, par l'exemple, par les choix de fonctionnement, les chefs donnent la couleur et agissent sur le comportement des adultes et des élèves. C'est un travail de longue haleine. Les chefs présents ont proposé de faire vivre autrement, vraiment, la charte de la laïcité, de bâtir de vrais projets d’école, d’établissement, académiques, de mettre à profit le parcours citoyen, les EPI. Ils ont aussi abordé les conseils de classe, souvent aussi normés qu'inutiles, et pendant lesquels personne ne s'exprime vraiment.

Libérer la parole de l’élève nécessite d’accorder de la confiance et de laisser une place pour chacun. Donc de s'impliquer, d'être conscient des objectifs, des enjeux. Pas facile, mais nécessaire, aujourd'hui plus encore qu'hier.

lundi 12 septembre 2016

Juste deux heures de cours


  • " Madame, les années bissextiles, la Terre elle tourne plus lentement autour du soleil, alors ? "
  • " Mais madame, comment on est sûr que pi il a une infinité de décimales ? " 
  • " Pourquoi les nombres qu'on ne connaît pas on les appelle x ? "
  • " Mais madame, pi, je peux le voir en vrai, je veux dire, physiquement ? "
  • " Mais madame, comment c'est possible qu'on puisse voir un cercle qui fait pile pi de périmètre et que pi soit infini ??? "
  • " Madame, c'est vrai que vous avez des pansements coccinelle ? Je suis tombée à la récré..."
  • " Pourquoi 45 c'est plus près de 50 ??? En vrai c'est au milieu ! "
  • " Pi fois diamètre et pi fois rayon fois rayon c'est pareil, pourquoi y en a un que c'est le périmètre et l'autre l'aire ??? C'est pas possible ! "
  • " Vous les avez eu où, vos punaises canard, elles sont trop cool ! "
  • " Je peux avoir vingt fiches facultatives ? "  "Et moi je peux ? " " Et moi aussi ? "
  • " C'est déjà fini ?! "
Oui... C'est DEJA fini. Pfiouuuuuuuuu... Mais la journée, elle, elle n'est pas du tout finie !

vendredi 9 septembre 2016

44

44, c'est le nombre de travaux facultatifs que mes élèves (j'ai deux classes...) m'ont rendus juste cette semaine.

44... Quand je suis partie du collège au moment de la récréé du midi, j'avais des grappes d'élèves, sur les marches du hall, sur des bancs, qui faisaient ensemble mes fiches. J'en ai été émue... C'est juste pile ça que je voulais : des gamins qui cherchent pour le plaisir, qui échangent, qui comparent et débattent.

Voilà une année qui démarre décidément bien. Et puis c'est bien : je ne vais pas m'ennuyer.

Bon, ben au boulot !

mardi 6 septembre 2016

Un cahier, un crayon, édition 2016 : le Liban

Organisée par Solidarité Laïque, la rentrée solidaire concerne cette année le Liban. Nous allons mettre en oeuvre la collecte au collège dans les deux semaines à venir. Cette collecte de fournitures apporte une aide matérielle aux élèves et aux enseignants libanais pour qu’ils puissent étudier dans de meilleures conditions. En visant en priorité les plus démunis, elle contribue à lutter contre les inégalités croissantes au Liban. En particulier, le Liban fait face à un afflux très importants de réfugiés syriens, et scolariser tous les enfants pose problème : l'année dernière, 400 000 enfants syriens n'ont pas eu de place à l'école, malgré les efforts importants de toute la communauté éducative libanaise.

Nous sommes maintenant inscrits. En classe, nous allons parler des inégalités et des enjeux du droit à l’éducation, de solidarité.

mardi 30 août 2016

Anki, ou comment un stagiaire m'a appris un truc avant même la rentrée

Anki, c'est une application qui permet de réviser sur son smartphone. Pas forcément utilisable en collège, mais en lycée sans doute, à la condition de le présenter comme un plus, une option, de sorte que les élèves qui ne l'utilisent pas ne soient pas pénalisés. C'est un de mes stagiaires qui m'a montré ça aujourd'hui, et je vais explorer les possibilités de cet outil.

Anki repose sur deux concepts simples : « la révision active » et le « système de répétitions espacées ». La « révision active » consiste à essayer de se rappeler la réponse à une question posée, contrairement à la « révision passive » où l’on relit, regarde ou écoute la réponse, sans se demander si on la connaît réellement. Des recherches sur le sujet ont montré que la révision active formait des souvenirs beaucoup plus durables que ceux de la révision passive.

Des « flashcards », mitonnées soi-même ou téléchargées sur une base, permettent d’utiliser la révision active.

Par exemple, je lance l'application avec un deck de tables de multiplications :


Je n'écris pas la réponse, mais je la formule mentalement et je clique sur "retourner".


La réponse s'affiche et je choisis entre "échec", "difficile", "bien" et "facile". Et cette réponse détermine à quel moment cette question me sera de nouveau posée, en s'appuyant sur des notions de neurosciences. C'est la "répétition espacée". Pour en savoir plus, allez donc lire ici.

L'étudiant que m'a montré cette application l'utilisait pour réviser l'agreg. je ne sais pas encore si, comment et quand je l'utiliserai, mais je suis contente de l'avoir découverte, car je pense qu'elle peut être intéressante à exploiter.

lundi 29 août 2016

C'est quoi un prof ?

Aujourd'hui, deuxième journée de rencontre avec les stagiaires. Un plaisir : de jeunes (ou moins jeunes) presque-profs motivés, qui ont déjà bien réfléchi, souriants, concernés, impliqués et réactifs... Et pour moi, c'est l'occasion de me replonger dans le métier : trois jours à parler de ce qu'est être prof, de la rentrée, de la préparation de séquences, forcément ça remet bien dans le bain.

A la question : "quelles sont les différentes facettes du métier de prof ?", voici ce qui a été répondu. Quand j'ai lu un mot je l'ai écrit, quand je l'ai relu je l'ai souligné.


On retrouve leur préoccupation principale : vais-je savoir être une "figure d'autorité" ? Mais aussi tout un tas de choses très riches. Je suis fan de "faire réfléchir sur soi-même, sur l'avenir, sur la société" et "donner envie d'apprendre". Je n'aime pas trop l'idée de "confident", qui me semble dangereuse. Ni de psychologue si c'est un nom commun.
Mais on retrouve trois des quatre postures : l'expert, le pédagogue, le représentant de l'institution/l'adulte, et il manque l'humain, juste. Mais c'est normal : pour le moment nos FSTG doivent enfiler le costume de prof.

mardi 5 juillet 2016

Bravo !!!!

Bravo à tous mes petits cocos qui ont TOUS le bac !!! Et bravo aussi à tous ceux que je ne connais pas, tiens, dans la foulée !

jeudi 23 juin 2016

Ayé, le DNB !

L'épreuve de maths est passée, et le sujet m'a plu : assez court, varié, avec un peu de questions futées mais pas trop, il me plaît. Il me plaît d'autant plus que je pense que mes loulous auront plutôt bien réussi... Je vais pouvoir dormir tranquille : ils étaient équipés tout bien comme il faut.

Des élèves m'ont demandé de donner les réponses... Mais je n'ai pas envie de tout taper ! Alors je vais tout vous balancer à la suite, mais honnêtement, vous feriez mieux d'aller vous aérer ou de réviser vos repères d'histoire géo : ce qui est fait est fait, et vous avez fait de votre mieux, j'en suis sûre !

Allons-y : 27/500, 27/65 et oui c'est satisfaisant (6,5%) non ce n'est pas satisfaisant car c'est pour chaque usine (merci Audrey), ensuite ça marche, 10 et 34/5 ; après 10,4 à la figure 1, 28,8 à la figure 2 et 49 à la dernière (arrondis à risques, attention!). Puis 37,80€, =B1*0,7 ou  =B1-30*B1/100, et puis 60. Pour le gazon, 27,80€, et 210m2 pour faire du skate. Et puis des dessins : un carré de côté 2cm, un triangle équilatéral de côté 4cm. Du coup, 4cm2 et environ 7cm2. Et en partie 2, x/4 au carré, 3cm et 9,2cm, à peu près. Pour finir, oui ça passe, avec 1458cm3 pour un vase de 1479cm3.


Alors ça, si c'est pas du résumé de synthèse d'abrégé, je ne m'y connais pas !

lundi 20 juin 2016

Aujourd'hui, épreuve de maths en S

C'est le jour de l'épreuve de maths en section S. Hé bien nous allons lâcher un peu nos jeunes candidats, et embêter les ronchons :


Et toc ! Ce n'est pas si simple, le bac, non non non...En tout cas les épreuves de maths de terminale S ne sont pas bradées.