Un article duMonde.fr présente une situation alarmante pour les élèves et les enseignants turcs. Depuis le coup d’Etat raté du 15 juillet, "au nom de la lutte contre le terrorisme, 37 000 personnes sont actuellement gardées à vue ou ont déjà été inculpées, 110 000 autres ont été mises à pied, dont un quart d’enseignants".
Une enseignante témoigne : « Parmi mes collègues, certains se sont retrouvés du jour au lendemain sans travail, sans protection sociale, sans argent. Leurs noms ont été publiés au Journal officiel, ils figurent en rouge sur le portail du gouvernement, ils ne retrouveront même pas un job de garçon de café car aucun employeur ne voudra d’eux. Tous ne sont pas, loin s’en faut, des partisans de Fethullah Gülen [le prédicateur musulman exilé aux Etats-Unis, désigné par Ankara comme l’instigateur du putsch raté], il y a aussi beaucoup d’enseignants syndiqués à gauche. Je ne peux m’empêcher de penser que mon tour viendra », soupire la jeune femme.
Une maman, aussi, qui commente la nomination dans le lycée de sa fille d'un nouveau directeur, « un vrai commissaire politique, un militant du parti au pouvoir [le Parti de la justice et du développement, AKP, islamo-conservateur] ». A la suite de la réforme, plus de la moitié des enseignants de cet établissement ont été mutés (23 sur 47), une nouvelle équipe pédagogique a pris le relais. Elle dit encore : « Les cours notamment de maths, de physique, de littérature sont de moins bon niveau. Les activités extrascolaires comme le dessin, la musique, le théâtre, ne sont pas encouragées. Les clubs ferment un à un. Les filles ont interdiction de porter la jupe ou le short ». Une autre maman renchérit : « Ils enquiquinent les élèves pour un oui ou pour un non, surtout les filles. La mienne s’est teint les cheveux, elle a été convoquée. Nous nous sentons atteints dans notre mode de vie ».
Des maths (mais pas seulement) pour mes élèves (et les autres).
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dimanche 6 novembre 2016
mardi 6 septembre 2016
Un cahier, un crayon, édition 2016 : le Liban
Organisée par Solidarité Laïque, la rentrée solidaire concerne cette année le Liban. Nous allons mettre en oeuvre la collecte au collège dans les deux semaines à venir. Cette collecte de fournitures apporte une aide matérielle aux élèves et aux enseignants libanais pour qu’ils puissent étudier dans de meilleures conditions. En visant en priorité les plus démunis, elle contribue à lutter contre les inégalités croissantes au Liban. En particulier, le Liban fait face à un afflux très importants de réfugiés syriens, et scolariser tous les enfants pose problème : l'année dernière, 400 000 enfants syriens n'ont pas eu de place à l'école, malgré les efforts importants de toute la communauté éducative libanaise.
Nous sommes maintenant inscrits. En classe, nous allons parler des inégalités et des enjeux du droit à l’éducation, de solidarité.
mercredi 27 avril 2016
Pondichéry le DNB !
J'en parlais à mes élèves de troisième ce matin, et paf, le voici : le sujet de Pondichéry, cette fois pour le DNB !
Il y a là de la recherche d'informations, avec une sélection à effectuer car tout n'est pas utile. Au final il s'agit de parcourir 51 km en 24 minutes, ce qui donne une vitesse très très proche de la limite autorisée, mais tout va bien, nous restons dans la légalité.
Et hop, les grands théorèmes. C'est une tâche complexe, en tout cas, et il y a du boulot. Les élèves auront sans doute été surpris par l'ampleur de la tâche, pour une question si courte.
La question 2 est accessible de toute façon puisque le résultats nécessaire a été donné dans la consigne de la question 1. Et elle est très simple et directe, cette fois.
Exercice classique type brevet, donc aussi bien préparé par les enseignants. On retrouve l'idée du toit ou du camion qu'on charge de parpaings, mais en plus simple et probablement plus parlant, avec des petites icônes qui aident mentalement au tri des informations.
Voyons un peu (je le traiterai très bientôt en classe, et j'en dirai plus en observant mes élèves) :
- Le nombre d'exercices est important (comme au bac), avec des exercices à plus petit barème, forcément. Cela me semble tout à fait positif : même dans des exercices dont les questions sont indépendantes, les élèves (surtout de collège) décrochent plus vite si une question les bloque. Et puis il reste tout de même des exercices plus long, qui s'appuient sur des compétences méthodologiques différentes de ce fait.
- Exercice 1 : proportionnalité, par le biais des vitesses
- Exercice 2 : tableur et proportionnalité, par le biais des taux
Les questions tableur permettent de vérifier la compréhension des alèses du principe de ce type de logiciel. La dernière question propose une réflexion sur les hausses en pourcentage, accessible avec différents niveaux de maîtrise.
- Exercice 3 : probabilités et PGCD
Les probabilités vont jusqu'à des expériences à deux épreuves, mais avec une formulation qui est suffisamment ouverte pour que des élèves qui ne sont pas à l'aise encore avec les arbres puissent expliquer autrement. Ensuite, le PGCD, pour un dernier round d'honneur, mais là aussi de façon très graduelle. Il me semble qu'on est plus dans les compétences que dans les savoirs bruts, et que ce sujet est tout à fait, jusqu'ici, un sujet de transition.
- Exercice 4 : de la géométrie et ... de la proportionnalité
Et hop, les grands théorèmes. C'est une tâche complexe, en tout cas, et il y a du boulot. Les élèves auront sans doute été surpris par l'ampleur de la tâche, pour une question si courte.
La question 2 est accessible de toute façon puisque le résultats nécessaire a été donné dans la consigne de la question 1. Et elle est très simple et directe, cette fois.
- Exercice 5: fonctions
Exercice assez classique, avec des changements de registre, l'activation du lexique, un développement par double distributivité.
- Exercice 6 : proportionnalité... Encore des taux
Là encore, exercice très classique, comme nous faisons dans nos classes. Il me semble superflu, du coup, d'avoir proposé plus haut des taux. Pour des élèves en difficulté sur ce thème, c'est lourd. Même si je sais que la proportionnalité est l'axe prioritaire des programmes du collège dans nos programmes actuels.
A noter à nouveau le support visuel, comme dans tous les autres exercices jusqu'ici. On prend davantage en compte les profils cognitifs des élèves, ainsi.
Exercice 7 : un peu d'algèbre
Je n'aime pas les QCM sans justification. C'est frustrant de ne rien voir de la démarche des élèves dans la copie.En tout cas c'est très accessible aux élèves.
- Exercice 8 : volumes, grandeurs, sélection d'informations
Exercice classique type brevet, donc aussi bien préparé par les enseignants. On retrouve l'idée du toit ou du camion qu'on charge de parpaings, mais en plus simple et probablement plus parlant, avec des petites icônes qui aident mentalement au tri des informations.
Il me reste à le traiter : j'ai simplement ici donné mon point de vue immédiat, et l'expérience le fera forcément évoluer.
mardi 15 décembre 2015
The teaching profession is not attractive to most 15-year-olds, tu m'étonnes !
Sur Eduveille, un article renvoie à une publication de Pisa on focus qui étudie l'attractivité du métier d'enseignant dans les pays de l'OCDE, l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques, dont le rôle est de promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde.
Dans ce rapport, on constate que la France est terriblement proche de la moyenne de l'OCDE partout...
Dans ce rapport, on constate que la France est terriblement proche de la moyenne de l'OCDE partout...
mercredi 29 octobre 2014
Attention, ce post est plein de graphiques (particulièrement) démoralisants
C'est une étude très complète, et les éléments que je livre ici sont forcément choisis de façon subjective. Au départ, mon attention a porté sur la satisfaction professionnelle et sur l'évaluation. Mais en fait tout vaut le coup d'être lu, pour prendre la température de la France, ce dont parle la suite de mon post, mais aussi pour avoir une vision plus internationalement globale et pour tous les exemples précis de ce qui se fait ailleurs, du Mexique à la Suède, en passant par la Thaïlande et l'Australie.
La satisfaction professionnelle dépend de la relation de l'enseignant aux élèves, de l'importance du travail d'équipe, bref de la communication. L'enseignant est un être essentiellement communiquant, tout malheureux lorsque l'ambiance au boulot est pourrie (comme tout le monde, du reste), lorsqu'il faut brailler comme un âne pour être écouté de son jeune public, lorsque rien de nouveau ne se passe. Plus l'enseignant participe à des formations, plus il s'épanouit. (Ben oui. C'est pour ça que j'aime participer et animer des formations avec des collègues. Ca donne la pêche, de l'envie, ça ouvre des horizons. Parfois ça permet de franchir un pas, d'oser.) Les enseignants réclament aussi de pouvoir prendre part aux décisions, et l'efficacité globale du système éducatif influe sur leur moral (ce qui est plutôt rassurant : ils ont envie de s'inscrire dans un système efficace).En attendant, le tableau dressé est tristounet :
et la France est (presque) tout en bas :
Peu d'enseignants estiment leur profession valorisée dans la société, mais beaucoup sont satisfaits de leur emploi. L'étude annonce qu' "il existe une relation positive entre la perception qu'ont les enseignants de la valorisation de leur métier et la proportion d'élèves très performants en mathématiques". Pour (re)valoriser les filières non S, ce n'est décidément pas gagné.
La France se situe dans une région particulière de ce graphique : la proportion d'élèves "très performants en mathématiques" n'est pas ridicule, mais la société française donne aux profs une grosse sensation de désamour. A creuser...
Toujours côté déprime, il y a ça :
Nous, professeurs français, ne sommes pas au top. Il serait intéressant de savoir pourquoi aussi peu de collègues pratiquent le travail en groupes, utilisent les TIC ou se lancent dans des projets à moyen ou long terme. Ne se permettent-ils pas (par peur de ne pas gérer la classe, par impression de manquer de temps) ? Pensent-ils ne pas en avoir besoin ?
Ci-dessous, pas de grosse surprise, excepté sur les appréciations portées sur les copies. A mon sens, une note chiffrée sans commentaire est une hérésie.
Le graphique ci-contre a retenu mon attention en raison de son échelle, en abscisse. Il donne l'impression que très peu d'enseignants sont d'accord avec les deux dernière affirmations, alors qu'il y a foule pour les deux premières. Or la différence est de 10%. Une autre origine de l'axe aurait donné un ressenti beaucoup plus positif. Voilà un graphique que je vais utiliser en classe.Au passage, l'item "les processus de réflexion et de raisonnement sont plus importants que le contenu spécifique des cours" me rappelle une conférence récente. Le conférencier, en début de séance, nous a demandé de nous lever en fonction de notre accord avec diverses affirmations. A "la discipline que j'enseigne est la plus importante" (ou peut-être "très importante", j'avoue ne plus être certaine), beaucoup de collègues se sont levés. Je ne sais toujours pas si c'était de l'humour, en fait. Peut-on vraiment penser que nos contenus disciplinaires, au niveau secondaire, sont importants en eux-mêmes ?
La section qui concerne la direction des établissements est intéressante elle aussi. Ce graphique-ci est assez instructif,
mais le suivant m'a plu particulièrement car j'ai eu un choc : au premier regard, on a l'impression qu'être chef d'établissement est un choix regretté par une majorité écrasante de chefs, de façon internationale. En fait, les petites lignes sous le graphique indiquent que les réponses à "je regrette ma décision d'être devenu chef d'établissement" correspondent à "pas tout à fait / du tout d'accord".
Il demeure que la France est en queue de peloton quant à la satisfaction de ses chefs d'établissement, ce qui s'accorde avec celle des enseignants d'ailleurs.
Un dernier graphique pour la route, sélectionné dans la section sur l'évaluation des enseignants :
Ouch. Ca pique. Après lecture de tout ceci, et comme mon esprit français a tendance à retenir davantage le négatif que le reste, j'ai la forte impression que personne ne se comprend dans notre système. Parents-profs, profs-chefs, profs-inspection... J'espère que ça va mieux pour les élèves, parce qu'au final, c'est juste pour eux que nous oeuvrons, tous.
Pfiou, j'ai un coup de vague à l'âme, moi.
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