Des maths (mais pas seulement) pour mes élèves (et les autres).

lundi 14 septembre 2015

Le bonheur, aussi grâce aux mathématiques

Un article de Marianne présente le point de vue d'un philosophe, romancier et ancien enseignant, Alain Badiou, sur la place des mathématiques dans l'enseignement et dans l'imaginaire collectif. L'article est l'occasion de présenter son dernier ouvrage, "Eloge des mathématiques", publié chez Flammarion.


Selon Alain Badiou, considérer les mathématiques comme « un continent à part de la pensée, une science obscure qui reste confinée dans l’enceinte des écoles ou des universités, ou dans des cénacles réservés aux initiés, et une méthode de sélection à l'école, qui ne fait pas partie de la culture générale » est un « scandale ». Il dit :

« La philosophie reste une discipline menacée dans les classes terminales, et les mathématiques un opérateur ennuyeux de sélection sociale. Eh bien moi, je propose la dernière année de maternelle pour les deux : les gamins de cinq ans sauront assurément faire bon usage de la métaphysique de l’infini comme de la théorie des ensembles » 

et aussi :

« La fonction des mathématiques, si fondamentale dans la formation de toute pensée, est inséparable de la quête existentielle qui anime le désir philosophique. » 

Pour Alain Badiou, l'exercice de la pensée mathématique favoriserait une forme de bonheur, car « si vous avez compris et saisi quelque chose, c’est que vous avez vu quelque chose que vous n’aviez jamais vu ». Voilà qui me plaît bien, et avec quoi je suis évidemment d'accord.
Alain Badiou revient d'ailleurs ainsi sur un de ses thèmes de prédilection : le bonheur. Dans des ouvrages antérieurs, il a expliqué la différence et même parfois l'opposition entre bonheur et satisfaction : « Le bonheur est absolument possible, mais pas dans la forme d’une satisfaction conservatrice. Il est possible sous
la condition des risques pris dans des rencontres et des décisions. »

Dans l'article de Marianne, son livre est « un vibrant plaidoyer pour la transmission des savoirs, la nécessité de créer « le sentiment que c’est intéressant », que cela vaut la peine, que tout le monde peut être intéressé par l’idée de résoudre des problèmes, et que la curiosité chez les enfants est la chose du monde la mieux partagée. »

J'ai essayé de transmettre cette idée il y a quelques jours, auprès des parents de mes élèves de cette année. Et encore hier, j'ai affirmé au commerçant qui revendait une bande dessinée que lui aussi aurait (et pourrait encore) réussir à s'épanouir en mathématiques. Tout le monde le peut, à divers niveaux et de diverses façons. Mais ce n'est réservé à personne en particulier.

Je vais me commander l'ouvrage d'Alain Badiou. De ce pas, même. Et je vous raconterai.

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